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Donner aux maires les moyens d’agir en matière de violences intrafamiliales

  • Photo du rédacteur: Jean-Pierre Colin
    Jean-Pierre Colin
  • 8 juil.
  • 3 min de lecture

Inauguration de la Maison des Femmes "Le Cap" à Draguignan le 16 juillet 2024

Les violences intrafamiliales ne sont pas seulement une affaire judiciaire ou sociale. Elles sont aussi un enjeu de proximité. Dans nos communes, les maires, les élus locaux, les agents municipaux, les policiers municipaux, les enseignants, les associations et les travailleurs sociaux sont souvent les premiers à percevoir les signaux faibles : une famille qui bascule, un enfant en danger, une femme isolée, un voisin inquiet, une situation d’emprise qui s’installe.


Face à ces drames, l’émotion est nécessaire. Mais elle ne suffit pas. Après le crime ignoble dont a été victime la petite Lyhanna, notre devoir collectif est clair : mieux protéger, plus tôt, plus vite et plus efficacement. Cela suppose de reconnaître le rôle essentiel des communes dans la chaîne de protection.


Un maire ne remplace ni la justice, ni la police nationale, ni la gendarmerie, ni l’aide sociale à l’enfance. Mais il connaît son territoire. Il connaît ses écoles, ses quartiers, ses associations, ses familles fragiles, ses agents de terrain. Il peut alerter, orienter, coordonner, soutenir, mettre à disposition des locaux, favoriser la formation des personnels municipaux et faire connaître les dispositifs d’aide aux victimes.

Encore faut-il lui donner les moyens d’agir.


Dans ce combat, les communes ne peuvent pas être laissées seules. Elles ont besoin d’associations solides, de financements durables, de places d’hébergement d’urgence, de relais judiciaires réactifs, de professionnels formés, de dispositifs d’écoute accessibles et d’une meilleure coordination entre tous les acteurs : justice, forces de l’ordre, protection de l’enfance, services sociaux, monde scolaire et collectivités locales.


C’est cette logique qui a guidé mon engagement depuis longtemps, notamment à travers la création et le développement des Maisons Françoise Giroud. Ces structures répondent à une nécessité simple : permettre aux victimes de violences intrafamiliales de trouver un lieu identifié, humain et efficace, où elles peuvent être écoutées, accompagnées et orientées sans devoir affronter seules un parcours administratif et judiciaire souvent décourageant.


À La Seyne-sur-Mer, la Maison Françoise Giroud accompagne près de 600 personnes par an. Ce chiffre dit tout : les besoins existent, les victimes cherchent des réponses, les territoires doivent être capables de les accueillir. Une telle structure n’est pas un symbole. C’est un outil concret de protection.

Demain, au Sénat, je veux porter cette exigence avec force : donner aux maires et aux collectivités les moyens réels d’être des acteurs de première ligne dans la lutte contre les violences intrafamiliales.


Cela implique plusieurs priorités


D’abord, soutenir durablement les associations qui accompagnent les victimes. Trop souvent, elles accomplissent un travail indispensable avec des financements fragiles, renouvelés d’année en année, sans visibilité suffisante. On ne peut pas demander à ces acteurs d’être au rendez-vous des urgences humaines tout en les maintenant dans l’incertitude budgétaire.


Ensuite, renforcer l’hébergement d’urgence. Protéger une victime, c’est parfois lui permettre de partir immédiatement, avec ses enfants, sans attendre qu’une solution se libère plusieurs jours plus tard. Sans place disponible, sans logement relais, sans accompagnement social, la protection reste incomplète.

Il faut aussi rapprocher la justice des territoires. Les victimes ont besoin de réponses rapides, compréhensibles et suivies. Les élus locaux, eux, ont besoin d’interlocuteurs identifiés pour signaler les situations préoccupantes, comprendre les procédures et éviter que chacun ne travaille dans son couloir.


Enfin, la protection de l’enfance doit devenir une priorité absolue. Les enfants exposés aux violences intrafamiliales ne sont pas de simples témoins. Ils sont eux-mêmes des victimes. Leur protection, leur suivi psychologique, leur sécurité et leur reconstruction doivent être placés au cœur de toute politique publique sérieuse.

La lutte contre les violences intrafamiliales ne peut pas dépendre uniquement de l’indignation suscitée par les drames. Elle doit devenir une politique continue, structurée, financée et évaluée. Les maires sont prêts à prendre leur part. Mais ils ne peuvent pas être les derniers recours d’un système qui manquerait de moyens.

Protéger les victimes, protéger les enfants, soutenir les associations, renforcer l’hébergement d’urgence et rapprocher la justice des territoires : voilà le cap.


C’est ce combat de proximité, d’humanité et de responsabilité que je souhaite porter pour le Var.

 
 
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